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  Dame merveille et autres contes d'Egypte
  
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Artiste(s) :  Praline Gay-Para

Support :  Livre

Délaits de livraison : 7  jours

Prix : 6,50 €

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Contes
Traduit du français
par Praline GAY-PARA
mai 1998 / 11 x 17,6 / 160 pages  
 
 
 

Beautés silencieuses, vizirs félons, nomades rusés ou reines infanticides, toutes les figures des légendes orientales se trouvent réunies dans ces contes cruels, tendres, drôles ou grinçants.

Puisant dans le fonds traditionnel mondial, conformes à la "morphologie du conte", ces textes néanmoins sont spécifiquement égyptiens : ici, les femmes aiment la magie, les pauvres fument du haschisch à la lueur des bougies, les crânes humains tiennent leurs macabres promesses, et les tricheurs signent des pactes avec le diable.

Recueillis par une conteuse, traduits de l’arabe ou adaptés par elle, les contes d’Egypte que voilà ont été mis en bouche : de l’oralité, ils ont gardé la vivacité et la fraîcheur, mais aussi la force.


DAME MERVEILLE

DAME MERVEILLE

 

 

Tout avait commencé dans une rue des faubourgs du Caire.

Le vizir du roi fait sa tournée quotidienne pour observer la population. Il aperçoit soudain une femme pauvre, pauvre, au degré extrême de la pauvreté, elle est maigre comme un os et asperge sa porte avec du lait de chèvre. Les pauvres sont bien fous, songe-t-il. Elle ferait mieux de le boire, son lait !

Il s’approche de la vieille et demande :

– Bonjour femme, le lait que tu jettes sur ta porte, pourquoi ne le bois-tu pas plutôt, toi qui as la peau sur les os ?

– Le boire ? Tout vizir que tu es, qu’en sais-tu ? Comment veux-tu que je boive le lait avec lequel je lave, tous les matins, le visage de ma fille avant d’y tremper ses doigts de pied ?

Le vizir est très surpris par la réponse. Les pauvres sont encore plus fous qu’il ne pensait !

Le soir, pendant qu’il fait son rapport au roi, il ne peut s’empêcher de rire et de lui raconter l’histoire de la femme qui aspergeait sa porte avec du lait.

Celui-ci, rêveur, ne répond pas tout de suite, puis un large sourire éclaire son visage :

– A quoi peut ressembler une jeune fille qui se lave tous les matins avec du lait ? Elle doit être plus belle que le lever du jour. Va demander sa main pour moi. Je veux l’épouser. Tu offriras à sa mère tout ce qu’elle demandera.

Le vizir pensant que ce n’était là qu’un caprice de roi va faire sa demande à la pauvre femme qui s’empresse d’accepter, non sans poser des conditions :

– Si le sultan veut épouser ma fille il devra lui offrir la noce la plus somptueuse. Un sable d’or fin couvrira la rue de la porte de ma maison à la porte du palais. Pour cadeau de fiançailles, elle acceptera volontiers sept coffres remplis d’or, de bijoux et d’étoffes.

 

 

Mais pendant que le vizir veille aux préparatifs de la noce, il faut que vous sachiez que la femme n’avait pas de fille. Elle n’avait pas de garçon non plus. Elle n’avait qu’une chèvre toute maigre et pelée qui lui donnait tous les jours quelques gouttes de lait, et la femme avait entendu dire qu’en asperger sa porte, le matin, éloignait le mauvais sort.

 

 

Le jour des noces, le sultan envoie à sa fiancée sa propre voiture royale, tirée par douze chevaux tout aussi royaux, afin qu’elle puisse se rendre au hammam pour se préparer.

La femme enveloppe sa chèvre dans un drap blanc et usé et la dépose dans la voiture qui se met à cahoter. La pauvre bête est bien ballottée. Elle se met à bêler. La femme lui donne un coup de pied dans les côtes :

– Tais-toi ! Chèvre de malheur ! Tu vas m’envoyer au diable. Ils me mettront en prison. Ils me tueront !

Elles arrivent enfin au hammam. Les lieux avaient été évacués afin que la fiancée puisse s’y sentir à son aise.

La femme arrive donc avec son paquet. Une fois déballée, la chèvre, dépaysée, se met à faire le tour des lieux. Elle longe les murs humides et suintants et tente de marquer son territoire comme elle peut. La femme tente de la laver mais la bête résiste. Quand le premier bol d’eau froide lui arrose la tête, elle se met à bêler, bêler de plus en plus fort. La femme, affolée, lui donne un coup sur la tête, ce qui ne fait que redoubler les bêlements.

Plus la bête crie et plus les coups pleuvent et plus les coups sont nombreux, plus la chèvre bêle. Une grêle de coups sur la tête, sur les flancs, sur le dos, dans les pattes :

– Tais-toi ! Maudite sois-tu ! Le sultan me fera tuer. Comment te sortir d’ici ?

La chèvre bêle, la femme la bat et gémit. L’étrange cortège fait plusieurs fois le tour du hammam.

 

 

Elles sont seules. Un œil curieux et amusé observe pourtant leur manège ; la fille du génie du hammam souffre d’une douleur lancinante à la gorge. Quelques jours plus tôt, elle a mangé une tête de poisson salé et une arête s’est plantée dans sa glotte. Son cou est enflé comme une citrouille. Le spectacle de la vieille et de la chèvre est si drôle qu’elle en attrape le fou rire. Elle rit aux éclats, aux larmes, à gorge déployée… Elle rit comme une baleine, à s’étouffer. Elle rit si fort qu’elle expulse l’arête de poisson. Son cou reprend immédiatement son allure de cou. Soulagée, elle prend sa forme humaine et se présente à la femme :

– Ne te fais donc pas tant de soucis. Je me ferai passer pour ta fille. Envoie demander au roi que les festivités durent sept jours et sept nuits. Demande tout ce que tu voudras. Je serai la jeune mariée.

 

 

Quand elle sort du hammam… Vous auriez vu cette fiancée ! Une reine du monde souterrain. La grandeur, la splendeur, la grâce, la finesse. Elle était éblouissante. Un soleil à son zénith.

Elle monte dans la voiture et se fait conduire au palais.

Quand elle arrive, tout le monde l’admire. Le sultan n’avait jamais osé rêver d’une telle beauté. Il en tombe fou amoureux au premier regard. Il se sent rajeunir !

La noce est grandiose. Sept jours et sept nuits de festivités. Des musiciens, des danseurs, des amuseurs. Les invités célèbrent le mariage de leur souverain dans une joie immense. Tous font honneur au repas, tous boivent, chantent et dansent. Tous sauf le sultan. Il ne peut détacher les yeux d’elle. Il ne songe qu’à l’instant où il sera seul avec elle. Il prépare des rubans de belles paroles, de phrases élaborées pour dire tout son amour. La regarder lui rend tous ses rêves possibles.

Sept jours c’est si long quand on attend mais sept nuits…

Quand les convives quittent enfin le palais, la jeune femme regagne sa chambre.

 

 

Quelques instants plus tard le sultan la rejoint :

– Sois la bienvenue, ma reine. Mon palais est illuminé par ta présence. Ta beauté n’a pas d’égale. Mes yeux n’osent y croire. Dans mes rêves les plus secrets je n’ai pas osé t’imaginer aussi splendide. Quel est ton nom ?

La jeune femme ne répond pas. Elle détourne la tête, serre les lèvres et prend un air hautain et méprisant. Son visage est de marbre, seul son regard pétille.

Elle ne l’entend pas.

– Ma reine. Mon âme. Prunelle de mes yeux. Dis quelque chose. Réponds-moi. Te nommes-tu Chams ? Fatna ? Zeinab ?

 

– Ahan !

Etrange ! Il tente tous les prénoms qu’il connaît. Elle répond :

– Ahan !

 

 

Elle reste muette et figée comme une statue. Le sultan tente en vain, pendant des heures, d’obtenir une réponse, un sourire, un regard.

Toujours rien.

– Es-tu donc muette ? Ta mère me l’a-t-elle caché ? Tu me rends fou ! Si tu ne veux pas m’accorder une seule parole, j’épouserai dès demain une autre femme !

 

 

Le lendemain même, le sultan épouse la fille aînée d’un juge de la ville.

Il trouve jolie sa nouvelle femme, sans plus. Un pis-aller. On installe la première femme à l’étage et la dernière en date, au rez-de-chaussée.

Deux jours après leur mariage, la nouvelle épouse va se promener dans les couloirs du palais. Chaque fois qu’elle s’approche, les voix se taisent, les bouches se ferment. Tout n’est que murmures, rumeurs, paroles indistinctes. Agacée, elle finit par questionner fermement sa servante.

– Au-dessus de ta tête, au premier étage, dit celle-ci, vit ta coépouse. Elle est plus belle que le cœur du matin.

 

La fille du juge va immédiatement demander des explications au sultan :

– Est-il vrai qu’une autre femme vit dans ma maison ?

– Oui, répond-il. J’ai épousé une femme qui est si belle qu’elle dit à la lune : "Disparais pour que je prenne ta place."

– Je voudrais la voir.

– Soit ! dit le sultan qui se prend à rêver de sa beauté. Mais quand tu auras fini ta visite, tu viendras vite dans la salle d’audience me dire si elle est muette ou si elle sait parler !

La nouvelle femme se pare de ses plus beaux vêtements et monte chez sa coépouse qui lui réserve un accueil très chaleureux :

– Tu es la bienvenue. Tu honores ma maison…

Les deux femmes s’installent confortablement face à face. Et pendant qu’elles devisent, la première appelle :

— Bol ! Couteau !

 

Un couteau effilé

Le profil bien taillé

La face très aiguisée

Se met au garde-à-vous

A côté de ses pieds

Le bol tout essoufflé

Roulait, roulait, roulait,

Boum ! S’est cassé le cou !

 

La femme prend délicatement le couteau et, d’un geste gracieux et très précis, elle se coupe le sein gauche. Dans le bol, elle en recueille du sirop parfumé à l’eau de fleur d’oranger. D’un geste tout aussi gracieux, elle se coupe le sein droit. Elle en recueille des grains de grenade. Elle mélange le tout et en offre à son invitée.

Celle-ci mange sans trop savoir ce qu’elle avale. Elle s’étouffe deux fois et à peine a-t-elle fini qu’elle prétexte un ouvrage urgent. Elle dévale les escaliers comme une bourrasque et entre dans ses appartements. Elle s’installe sur un divan et hurle :

– Bol ! Couteau !

Les bols et les couverts à l’étage du dessous n’ont pas l’ouïe très fine car aucun ne répond. Elle crie encore plus fort. Toujours rien. Sur le point de devenir aphone, elle appelle sa servante et lui ordonne de lui apporter un couteau bien aiguisé et un bol.

Elle pose le bol sur ses genoux, puis, minutieusement, elle entreprend d’assouplir ses poignets et… elle se coupe le sein droit. Elle n’a jamais eu le temps de se couper le sein gauche, elle est morte bien avant, vidée de son sang.

Quand le sultan, impatient, est de retour, il trouve sa jeune femme gisant dans une mare de sang. La servante lui raconte l’étrange manège de sa maîtresse. Il se met à hurler, désespéré :

– Je ne saurai donc jamais si elle est muette ou si elle sait parler !

 

 

Il se précipite à l’étage du dessus :

– Femme de marbre ! Cœur de pierre ! Tu l’as tuée. Elle ne t’avait rien fait ! Dis-moi quelque chose. T’ai-je manqué d’égards ? Me reproches-tu quelque chose ?

– Ahan !

La colère du sultan est immense :

– Avec toi pas de répit, sans toi ma vie est un malheur ! Ma dame. Ma reine. Quel est ton nom ?

– Ahan !

– Puisque c’est ainsi, je me remarierai !

 

 

Une semaine plus tard, il épouse une nouvelle femme, la fille d’un vizir.

Le roi passe deux jours avec elle, il ne peut pas passer sa vie en état d’épousailles ! Il retourne à ses affaires. A peine l’a-t-il laissée seule qu’elle entend déménager au-dessus de sa tête. On tire des meubles, on en laisse tomber d’autres…

Elle se précipite chez le roi :

– Qui habite au-dessus de ma tête ?

– Ma première femme, et, tout attendri, il ajoute : Elle est plus rayonnante que le soleil.

– Me permets-tu de lui rendre visite ?

– Vas-y ! Mais reviens vite me dire si elle est muette ou si elle sait parler !

 

 

La jeune femme est accueillie comme la précédente :

– Tu es la bienvenue ! Tu honores ma maison ! Ma maison est la tienne.

Et pendant qu’elles bavardent, "Ahan" appelle :

— Plateau ! Poisson !

 

Plateau tintinnabule

Poisson luisant ondule

Le poisson s’éviscère,

s’écaille, se nettoie

Dans le plateau il se vautre

Dans l’huile il se noie

 

Elle allume le four, et, quand il est chauffé au rouge, elle pose avec élégance le plateau sur la paume de sa main, s’excuse auprès de son invitée, et y entre. Elle prend bien soin de refermer la porte derrière elle.

Son invitée, les yeux exorbités, bouche bée, la regarde faire en croyant rêver. Quelques instants plus tard elle la voit sortir par la cheminée, le teint frais, souriante.

Elle l’invite aimablement à déguster le poisson cuit à point en sa compagnie.

La fille du vizir mange la chair avec la peau et les arêtes, se brûle la langue et les doigts puis, prétextant un malaise, elle descend chez elle, s’installe dans un fauteuil et hurle :

– Plateau ! Poisson !

Rien. Elle appelle à plusieurs reprises.

Vous aurez vite compris que la servante a dû aller au marché ce jour-là acheter un poisson. Elle a dû aussi le nettoyer, l’écailler, l’assaisonner, le mettre dans le plateau et allumer le four.

Sa maîtresse n’a plus qu’à ouvrir la porte et y entrer, munie du plateau. La malheureuse n’a jamais eu le temps de refermer complètement la porte. Elle a encore moins eu le temps de sortir par la cheminée. L’histoire ne dit d’ailleurs pas, qui du poisson ou de la jeune femme, a été le premier cuit. Il est en revanche certain que l’odeur de roussis, de calciné, s’est répandue dans les moindres recoins du palais. Intrigué par une absence si longue de sa femme et alarmé par les relents de brûlé, le roi est arrivé.

Les servantes lui racontent, dans le détail, tout ce qu’elles ont vu.

Le roi hurle de chagrin :

– Chaque fois que l’une d’elles monte à l’étage du dessus, elle devient folle. Diablesse ! Quel malheur ! Nul ne me dira jamais si elle est muette ou si elle sait parler !

Il monte chez elle :

– Femme cruelle ! Pourquoi l’as-tu tuée ? Réponds ! Tu veux ma mort. Ma reine ! Comment te parler ?

– Ahan !

– Mon cœur est brisé à jamais. Quelle honte, à mon âge ! Quel est ton nom ?

– Ahan !

Par habitude ou par dépit, le roi ne tarde pas à se remarier. La quatrième épouse est belle et, surtout, elle est très instruite.

Le jour où elle s’installe au palais, elle entend des pas délicats au-dessus de sa tête.

– Qui sont nos voisins ? demande-t-elle.

– Ma première épouse, avoue le roi. Elle est la beauté faite femme.

– J’aimerais monter lui rendre visite.

– Je te l’interdis ! hurle le sultan. Chaque fois que l’une de mes femmes est allée la voir, elle en est redescendue folle. Tu ne monteras pas chez elle.

– Moi, je suis instruite ! Je fais ce qui me plaît !

– Fais comme tu voudras, répond le sultan… mais reviens vite me dire si elle est muette ou si elle sait parler.

Elle se rend donc chez sa coépouse. Celle-ci l’accueille à bras ouverts :

– Tu honores ma maison. Sois la bienvenue. Ma maison est la tienne.

Quand toutes les deux se sont confortablement installées :

— Poêle ! Réchaud !

 

Un réchaud tout chaud

Crachotant et chahutant

Porte une poêle si grosse

Qu’il lui pousse une bosse

Il lui brûle le derrière

Et la jette par terre.

 

Elle met la poêle sur le réchaud puis, avec une habileté étonnante, elle s’arrache délicatement l’œil droit. Elle en recueille du beurre frais. Elle s’arrache l’œil gauche et a des œufs encore tièdes.

Elle fait fondre le beurre dans la poêle, fait cuire les œufs sur le plat et propose à son invitée de partager son repas.

Celle-ci est abasourdie. Elle mange à la hâte et se précipite chez elle. Mais elle est réellement plus fine que les deux premières. Elle ne perd pas de temps à appeler le réchaud et la poêle. Elle appelle tout de suite sa servante et lui demande de les lui apporter. Elle installe le tout comme elle l’a vu faire à l’étage du dessus, puis elle essaye d’assouplir ses poignets et ses doigts. Enfin, avec toute la délicatesse dont elle est capable, elle s’arrache l’œil droit, mais la douleur est si cuisante qu’elle rend l’âme bien avant de s’attaquer à l’œil gauche. Quand le sultan demande à la voir, la servante lui apprend la nouvelle.

Il est écrasé par la douleur :

– Nul ne me dira donc jamais si elle est muette ou si elle sait parler !?

Il monte au premier étage, bleu de colère :

– Tu vas me rendre fou. Dis quelque chose. Assassine ! Trois ! Tu en as tué trois. Te garder comme épouse est un enfer, en épouser une autre est un crime ! Fou ! Je deviens fou ! A mon âge ! Quel est ton nom ?

– Ahan !

N’ayant obtenu aucune réponse, le sultan descend traîner son chagrin dans le jardin du palais.

Arrivé au bas des escaliers, il s’assied sur une pierre et se met à penser à haute voix, à prendre à témoin les arbres et le ciel, à hurler sa peine… Il est en train de parler seul quand, soudain, il entend des voix étrangement aiguës. La carafe et la gargoulette de sa femme descendent les escaliers en discutant.

Elles vont se plonger dans l’eau de la fontaine, se remplissent à ras bord puis elles remontent. A la troisième marche, la carafe donne un coup violent à la gargoulette et lui casse le bec. Celle-ci se met à hurler :

– Tu as cassé mon bec ! Carafe de malheur ! Je le dirai à ma maîtresse : Dame Merveille, dont le père est la lune et la mère le soleil, ta carafe a cassé un bec sans pareil.

A peine le sultan entend-il ces mots que, pris d’un espoir immense, il monte jusque chez elle et dit :

– Dame Merveille, dont le père est la lune et la mère le soleil, un seul mot et console mon cœur d’un chagrin sans pareil.

Elle rit aux éclats :

– Je jure sur la tête de mon père et de ma mère que si tu n’avais pas découvert mon nom et le leur, de ma vie je ne t’aurais adressé une seule parole.

Et depuis ce jour-là, ils ne se sont jamais quittés.

On dit même, dans le palais, que Dame Merveille ne s’est plus jamais arrêtée de parler ! Le roi, lui, ne s’est pas encore lassé de l’écouter.

 

 

Mon histoire est-elle douce ou amère ? Si elle est douce, vous me devez une chanson et si elle est amère, vous me devez une autre histoire !

 
 
 
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