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"Entre parenthèses"
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Photo Poche Société septembre 2005 / 12,5 x 19 / 144 pages |
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Dans un texte,
la pose de parenthèses signifie qu'on attache une attention particulière
à ce qu'elles enferment. Dans le titre que Klavdij Sluban donne à
ce livre, il s'agit plutôt d'une mise à part, d'une sortie du champ
de la normalité. Les parenthèses sont les portes de l'enfermement.
Pendant des années, dans les centres de jeunes détenus de l'ex-Union
soviétique ou de Serbie, Sluban a reconstitué ce qu'il avait créé
avec succès en France : un atelier où il révèle
aux prisonniers la magie de la photographie. Avec patience et compétence,
il a montré à ces exclus du monde comment ils pouvaient prendre
possession de cet univers carcéral et se l'approprier, au moins visuellement,
pendant la durée de leur détention.
Sluban ne porte aucun jugement sur ceux qui sont ses élèves plus
que des prisonniers. Il ignore la nature de la faute. Il se contente d'assister
ces jeunes délinquants dans une démarche qui les passionne et
de photographier à son tour ces lieux et ces visages qu'il côtoie
depuis dix ans. Cet apprentissage de l'image se fait en noir et blanc. Car le
gris est la couleur de la prison. C'est aussi la couleur qu'affectionné
Sluban dans ses travaux personnels ici présentés. Un gris que
perce parfois un rayon de lumière, comme le signe avant-coureur d'une
libération, comme le seul remède au désespoir.
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